Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/670

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blesse de l’eau-de-vie. On sent combien cette méthode est fautive ; de plus, ce n’est qu’un très-long usage qui peut donner une connoissance exacte du rapport du nombre, & de la largeur des bulles avec la bonté de l’eau-de-vie : il seroit bien plus avantageux de se servir de l’aréomètre de MM. de la Folie & Scanegatti. Les principes sur lesquels il est construit, doivent donner de la confiance sur son exactitude. L’emploi en est simple & facile ; il pourroit encore servir à découvrir tout d’un coup les proportions d’eau & d’esprit-de-vin qui constitueroient les eaux-de-vie. Les fermiers généraux ont adopté cet instrument pour essayer les eaux-de-vie qui entrent dans les villes : mais il est singulier qu’ils aient préféré l’aréomètre de métal à l’aréomètre de verre. Le premier, plus susceptible de varier dans son diamètre par la chaleur & le froid, peut devenir souvent un indicateur infidèle & dangereux. Sa boule de cuivre mince, dilatée par la seule chaleur de la main, enfoncera moins dans l’eau-de-vie, & par conséquent la fera passer pour plus légère ou plus spiritueuse qu’elle n’est réellement ; les droits augmenteront en proportion ; & quel que soit l’esprit d’équité que l’on suppose aux fermiers généraux, ils se rendroient malgré eux coupables d’une injustice manifeste, qui pourroit entraîner des suites fâcheuses, dont le marchand sera toujours la victime. Si à la place de l’aréomètre de métal on substituoit un aréomètre de verre, dont les proportions & la graduation fussent connues, il y auroit moins de risque à courir, & le marchand qui pourroit avoir un instrument absolument pareil, ne seroit jamais exposé à se tromper à son très-grand désavantage, & sur-tout à être trompé. M. M.

Ce n’est pas assez d’avoir fait connoître deux aréomètres dont on se sert à Paris, & contre lesquels le négociant ne cesse de faire des réclamations, sur-tout contre celui de quartier. Il faut encore mettre sous les yeux du lecteur ceux qui méritent quelque considération. Peut-être qu’un jour, en les combinant les uns par les autres, on parviendra à en trouver un plus simple & plus analogue aux droits de la ferme générale & des commerçans. On diroit qu’il y a une guerre ouverte entre ceux qui perçoivent les droits & ceux qui les payent. L’un veut payer moins qu’il ne doit, & l’autre percevoir plus qu’il n’est dû. Si les droits étoient moins exhorbitans, la paix seroit bientôt conclue. Si on payoit les droits relativement au poids, alors le commerçant ne tireroit que des esprits, & ces esprits payeroient comme tels à l’entrée des barrières des villes, ou à la sortie du royaume. Il en résulteroit un bien pour le commerce. 1°. Sous un moindre volume, l’objet auroit plus de valeur ; 2°. une barrique d’esprit coûteroit moins de transport, &c. Les hollandois qui savent mettre de la finesse dans leur commerce, ne demandent presque que des esprits à Cette, où est établi le bureau de sortie de la province de Languedoc ; & ces esprits transportés chez eux, ils savent fort bien les baisser à la preuve de Hollande, par