Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/680

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Chaque degré du thermomètre équivaut à cinq degrés du pèse-liqueur. Il est facile d’en sentir toute l’utilité & toute la commodité. Il peut servir en même tems à connoître, non-seulement les pesanteurs spécifiques des diverses liqueurs comme aréomètre, mais encore leur température & leurs degrés de dilatation & de condensation, ce qui influe plus qu’on ne pense dans la densité relative des fluides. En effet, si l’on compare les degrés de pesanteur de l’eau chaude & de l’eau froide, on s’appercevra d’une différence sensible : ayant exposé de l’eau ordinaire à la gelée, & le thermomètre ordinaire marquant zéro, l’aréomètre dont nous venons de donner la description s’est arrêté après plusieurs oscillations à 11° ; l’ayant transporté dans l’eau de même qualité, mais plus chaude, il s’est enfoncé jusqu’à 12° ; enfin, au degré de l’eau bouillante, il s’est tenu plongé jusqu’à 15°. À mesure que l’eau se refroidissoit, il remontoit insensiblement pour se fixer à où il étoit à la température de la glace. Il faut donc bien faire attention dans les observations de l’aréomètre aux différens degrés de température, & c’est en quoi consiste le principal avantage de celui que nous proposons.

Dans les brûleries d’eau-de-vie, si, pour connoître ses qualités, on adopte cet aréomètre, on pourra voir tout d’un coup sa juste densité qui résulte de la proportion de l’esprit-de-vin avec le phlegme ou l’eau. Le degré de chaleur qu’elle aura dans le moment, sera corrigé sur le champ par le thermomètre ; mais en général, il faudra avoir l’habitude de l’essayer à la même température, par exemple, au degré 10°, qui marque une chaleur modérée, & que l’on retrouve facilement en toute saison ; l’hiver, en chauffant un peu la liqueur, & l’été, en la plaçant dans un endroit frais. Pour spécifier la qualité de l’eau-de-vie, il ne faudra qu’exprimer le degré de l’aréomètre, sa température étant au degré 10° du thermomètre ; ce qui pourra servir de base générale & de terme de comparaison qu’il seroit intéressant d’adopter dans tous les pays. Ceux qui désireront plus de précision, se serviront de l’aréomètre de M. Bories. M. M.


ARÈTE, ou Queue de rat, Médecine vétérinaire. Croûtes dures & écailleuses qui viennent aux jambes des ânes & des chevaux, & qui occupent ordinairement tout le long de la jambe depuis le jarret jusqu’au boulet. Il y en a de deux espèces : les sèches & les coulantes. Les premières sont sans écoulement de matière ; les secondes présentent des croûtes humides, d’où découle une sérosité roussâtre dont l’âcreté est quelquefois si grande qu’elle ronge les tégumens, sur-tout des ânes. Ce mal doit être mis au rang des maladies de la peau qui ont leur source dans une humeur salée, plus ou moins âcre, & plus ou moins visqueuse.

Si les arètes sont sèches, le meilleur remède est d’y appliquer le feu, & d’y mettre dessus de l’onguent populeum. Lorsque l’escarre est détachée, on dessèche la plaie avec la colophane ou la céruse. Si