Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/706

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vinces avec celle de Paris, qui devroit en être le type !


ARPENTAGE. Par ce terme désigne un art qui apprend à mesurer la superficie des terres, à en prendre les différentes dimensions, à les décrire & à les tracer exactement sur un plan.


PLAN du Travail sur l’Arpentage.


CHAP. I. Utilité, nécessité & agrément de l’Arpentage.
CHAP. II. Principes de Géométrie-pratique, nécessaires à l’Arpenteur.
CHAP. III. Des instrumens nécessaires à l’Arpenteur.
Sect. I. Des instrumens propres à mesurer les distances.
Sect. II. Des instrumens propres à prendre & à mesurer les angles.
Sect. III. Des instrumens propres à rapporter les mesures & les figures sur un plan.
CHAP. IV. De l’Arpentage, proprement dit.
Sect. I. Mesurer un Terrain régulier & irrégulier, accessible & inaccessible.
Sect. II. Tracer le plan d’un Terrain dont on a pris les mesures.
Sect.. III. Trouver l’aire d’un Terrain en perches & toises quarrées.


CHAPITRE PREMIER.

Utilité, nécessité & agrément de l’Arpentage.


L’utilité de cet art, & les avantages précieux que l’on peut en retirer lorsqu’il est employé avec soin & exactitude, n’ont pas besoin d’être exposés avec emphase pour en faire sentir tout le prix. La propriété & la jouissance tranquille & indépendante de son bien, est un des plus beaux droits du citoyen, de quelque classe qu’il soit : rien ne l’assure mieux que les lignes de démarcation, les bornages & les plans que l’arpentage fixe. En vain un voisin avide des possessions qui environnent son domaine, cherche-t-il à augmenter son revenu, en voulant envahir le champ qui excite ses desirs ; un arpentage bien fait, qui confirme & accorde les différens articles des titres, qui reconnoît les points de séparation que le tems sembloit avoir effacés, qui redresse ou replace des bornes que la cupidité avoit dérangées ou arrachées, sera toujours la sauve-garde du foible que l’on veut dépouiller, & une digue inébranlable que la justice opposera à l’avidité ou aux chicanes encore plus dangereuses de l’homme puissant. De quel intérêt n’est donc pas pour le laboureur & le colon, une science qui peut lui assurer la tranquillité de la jouissance !

Est-il nécessaire, demandera-t-on, que l’homme, dont toute la vie se passe à cultiver la terre, sache l’arpentage ? Non ; cela n’est pas nécessaire, mais infiniment utile. Dans tous les pays on trouve à la vérité des arpenteurs d’office, d’après les travaux desquels seuls on prononce ensuite. Qu’il seroit heureux si l’on pouvoit avoir une confiance entière dans leur probité & leur délicatesse, & être sûr que, fidèles aux sermens qu’ils ont faits, ils ne distinguent pas le riche qui les paye en secret ou les effraye par son autorité & ses menaces, du pauvre, qui n’a pour lui que ses titres & son bon droit ! La plus petite erreur de calcul, un angle mal pris de plus ou moins de degrés, entraînent des conséquences très-considérables, des procès embrouillés, des chi-