Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/74

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l’exposition de l’ouest à toute autre, parce que les abeilles qui restent tard à leur récolte, ont plus de clarté pour retrouver leurs ruches. Les vents d’ouest qui sont assez fréquens en automne, & qui sont souvent suivis de pluies froides & abondantes, doivent faire abandonner cette exposition, lorsqu’on peut en choisir une meilleure : le matin, le soleil donne trop tard sur les ruches, pour que les abeilles se décident à partir aussitôt qu’elles le pourroient, pour aller ramasser leurs provisions.


Section II.

Exposition qu’il convient de donner à un Rucher.


La meilleure exposition pour un rucher est celle qui procure plus long-tems le soleil sur les ruches : celle du midi a cet avantage, & les abeilles qui y sont placées, reçoivent & profitent de la douce influence du soleil, pour peu qu’il paroisse dans la journée. Quand même l’air seroit un peu froid le matin, si les abeilles ranimées par l’impression de la chaleur du soleil qui donne sur les ruches, se déterminent à sortir ; comme il y a déjà quelques heures que le soleil est sur l’horison, l’atmosphère est assez échauffée ; & quand le mauvais tems les surprendroit dans leurs courses, elles seroient encore assez animées pour avoir la force de retourner chez elles. Le couvain est moins sujet à manquer à cette exposition qu’à toute autre, parce qu’il n’est point refroidi par les vents du nord, que les ruches situées au levant ou au couchant ressentent toujours un peu de côté : la chaleur qui le fait éclore, n’est point sujette, par conséquent, aux variations qu’elle éprouve à d’autres expositions : les essaims sont plus précoces, ce qui est pour eux un très-grand avantage, parce qu’ils ont le tems de profiter de toute la belle saison pour faire leur récolte, & pour élever la famille dont la jeune reine augmente la population de son empire naissant. On remarque assez ordinairement que les ruches exposées au midi essaiment presque toujours six à huit jours plutôt que les autres. Le seul inconvénient de cette exposition est une chaleur quelquefois trop considérable qui peut ramollir la cire, la fondre, & faire couler le miel : on ne craint point que cela arrive, quand les ruches sont dans un rucher qui les garantit de la trop grande ardeur du soleil : mais, pour la leur éviter, on peut, vers les dix à onze heures du matin, couvrir celles qui sont en plein air avec des feuillages dont la fraîcheur modère la forte chaleur à laquelle elles sont exposées, ou avec de gros linges qu’on trempe dans l’eau, & qu’on met par-dessus, après les avoir un peu tordus pour en faire sortir l’eau.


Section III.

De la position qu’il faut choisir pour la construction d’un Rucher.


Par la position d’un rucher, on entend sa situation, 1º. relativement à l’endroit où il convient de le placer pour la propre commodité de celui qui prend soin des abeilles ; 2º. relativement aux endroits où les choses qui sont nécessaires à ces