Page:Ruskin - Sésame et les lys.djvu/193

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pure et sereine réfraction afin qu’elle puisse s’emparer de la couleur de tout ce qu’elle touche et l’exalter.

70. J’ai essayé jusqu’ici de vous montrer quelle devrait être la place et quel le rôle de la femme. Nous devons maintenant aborder un second point : quel est le genre d’éducation qui la rendra capable de les remplir. Et si vous trouvez vraie la conception de son office et de sa dignité que je vous ai exposée, il ne sera pas difficile de tracer le plan de l’éducation qui la préparera à l’un et l’élèvera jusqu’à l’autre.

Le premier de nos devoirs envers elle, — aucune personne raisonnable ne peut en douter — est de lui assurer une éducation et des exercices physiques qui affermissent sa santé et perfectionnent sa beauté ; le type le plus élevé de cette beauté étant impossible à atteindre sans la splendeur de l’activité physique et d’une force délicate. Perfectionner sa beauté, dis-je, et en accroître le pouvoir ; elle ne peut être trop puissante ni répandre trop loin sa lumière sacrée ; seulement rappelez-vous que la liberté des mouvements du corps est impuissante à produire la beauté sans une liberté correspondante du cœur. Il est deux passages d’un poète[1] qui se distingue, il me semble, entre tous — non par sa puissance, mais par son exquise vérité, et qui vous montreront la source et vous décriront

  1. Wordsworth. Ces mots « exquise vérité » appliqués à Wordsworth sont commentés par Ruskin lui-même dans « Fiction, Fair and Foul », § 80 (On the old Road, 3e volume.) (Note du traducteur.)