Page:Rutebeuf - Oeuvres complètes, recueillies par Jubinal, tome II, 1839.djvu/32

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LA VOIE DE PARADIS.

Rustebuef, qui rudement oevre,
Quar rudes est, ce est la somme,
Fu aussi com du premier somme.
Or sachiez que guères ne pensse
Où sera prise sa despensse.
En dormant .i. songe sonja :
Or entendez dont qu’il sonja[1],
Que pas du songe ne bordon.
En sonjant, escharpe et bordon
Prist Rustebues, issi s’esmuet :
Or chemine, si ne se muet.

Quant la gent de moi dessambla,
Vers paradis, ce me sambla,
Atornai mon pelérinage.
Des ostes que j’oi au passage
Vous vueil conter et de ma voie ;
N’a guères que riens n’en savoie :
J’entrai en une voie estroite ;
Moult i trovai de gent destroite
Qui à aler s’i atornoient ;
Mes trop en vi qui retornoient,
Por la voie qui estoit male.
Tant vous di n’i a pas grant ale,
Mès mendre que je ne créusse.
Ainz que guères alé éusse
Trovai .i. chemin à senestre :
Je vous déisse de son estre
Se je n’éusse tant afère ;
Mès la gent qui du mien repère

  1. Ms. 7633. Var. Or oez qu’il devizera.