Page:Ségur - Aprés la pluie, le beau temps.djvu/240

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Il s’arrêta, regarda autour de lui et continua d’un air pénétré :

« Cette chambre me rappelle des souvenirs bien pénibles. C’est ici que j’ai commis une action dont le souvenir et la honte m’ont si longtemps poursuivi. Je sentais si bien que j’avais mérité ton mépris !


Geneviève.

Comment ! tu y penses encore depuis tant d’années ? Quelle folie, Georges ! Crois-tu que je te juge sur les actes de ton enfance, que j’aie pu t’en conserver de la rancune ? Tout cela me revient comme un rêve. Il faut que tu l’oublies comme moi et que nous commencions une nouvelle vie d’amitié sans nous souvenir du temps de notre enfance. »

Mlle Primerose entra ; Georges s’avança vivement vers elle et l’embrassa avec tendresse.


Mademoiselle Primerose, étonnée.

Tu m’aimes donc, toi ? Je croyais que tu me détestais toujours.


Georges, avec animation.

Moi, vous détester ? Ah ! ma cousine, ne me jugez pas d’après mon triste passé ; depuis des années je désire vous revoir, vous renouveler volontairement les excuses que mon père m’a forcé de vous faire la dernière fois que je vous ai vue ; j’attendais avec impatience le jour où nous nous retrouverions dans cette même demeure où vous m’avez connu si méchant.


Mademoiselle Primerose, froidement.

Tout cela est très bien, mon ami. Mais pourquoi alors n’es-tu pas venu me voir à Auteuil ?