Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/237

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de mendicité ; vous en serez débarrassée pour la vie. J’augmenterai vos gages, je vous donnerai…

— Madame me donnerait toute sa fortune, répondit Caroline avec une émotion contenue, que je n’abandonnerais pas mon pauvre frère et que je ne violerais pas la parole que j’ai donnée à ma mère mourante. En entrant chez madame, je l’ai prévenue que je ne pouvais y entrer et y rester qu’avec mon frère ; madame a bien voulu supporter ses naïevetés…

madame delmis.

Vous appelez naïvetés ses insolences sans cesse renouvelées ! Combien de fois ne m’a-t-il pas répété que j’étais vieille, que mes robes étaient trop jeunes pour une femme de mon âge, et mille autres sottises que j’ai pardonnées par égard pour vous ! Votre service me plaît et m’est très agréable ; je désire que vous le continuiez, mais sans votre frère.

caroline.

J’ai eu l’honneur de dire à madame que c’était impossible. Quand madame veut-elle que nous partions ?

madame delmis.

Le plus tôt possible, à cause de votre frère, dès que j’aurai trouvé quelqu’un pour vous remplacer… S’il me vient une visite, dites que je n’y suis pas. »