Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/32

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


la mère thibaut.

Et Mlle Rose a cru que c’était pour elle ?

gribouille.

Bien sûr, puisque je l’ai cru moi-même ; et si je l’ai cru, pourquoi, ne l’aurait-elle pas cru aussi ?

caroline.

Je comprends maintenant sa colère : elle a pensé que j’avais voulu me moquer d’elle et la faire gronder.

la mère thibaut.

Aussi, pourquoi donnes-tu des commissions à Gribouille ? Tu sais que le pauvre garçon est…

caroline, vivement.

Bien complaisant, et fait tout ce qu’il peut pour bien faire ; je le sais, maman ; il est si content quand il me rend service !

gribouille.

Bonne Caroline ! Oui, je voudrais te rendre toujours service, mais je ne sais comment il arrive que les choses tournent contre moi, et qu’au lieu de t’aider je te fais du mal. C’est bien sans le vouloir, va.

la mère thibaut.

Alors pourquoi te mêles-tu de ses affaires, mon ami, puisque tu sais que tu n’as pas l’intelligence de les bien faire ?

caroline.

Oh ! maman, il m’est souvent très utile…

gribouille, avec tristesse.

Laisse, laisse, ma bonne Caroline, tu as déjà ar-