Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/375

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t’être dévoué pour me sauver, tu m’as légué ta sœur, trésor de bonté, de sagesse, de piété. — Mon frère, obtiens aussi pour moi ces vertus qui me la rendent si chère, afin que je puisse mériter son estime et sa tendresse. Adieu, pauvre ami. Veille sur nous, prie pour nous. »

Le brigadier sentit un calme extraordinaire renaître dans son âme ; il pria doucement et sans amertume. Nanon ne tarda pas à le rejoindre.

« Encore un mort à ensevelir, dit-elle en entrant, d’un air grondeur ; pourquoi l’avez-vous laissé tuer ? N’étiez-vous pas là pour le défendre, ce pauvre innocent ?

le brigadier.

C’est le bon Dieu qui a fait l’affaire et non pas moi, qui aurais volontiers reçu la balle à sa place !

nanon.

Quel besoin aviez-vous de l’emmener avec vous ? Ça a-t-il du bon sens ? Emmener un pauvre enfant à la poursuite d’un brigand, d’un assassin !

le brigadier.

C’est lui qui a voulu venir : il m’aimait, il n’a pas voulu me quitter.

nanon.

Belle raison ! un gendarme qui cède aux volontés d’un enfant ! C’est à faire pitié, en vérité.

le brigadier.

Voyons, Nanon, vous n’êtes pas ici pour me quereller, mais pour m’aider à rendre les derniers devoirs au pauvre Gribouille.