Page:Sénèque - Tragédies, trad. Greslou, 1834, t. 1.pdf/69

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voir tous mes frères rendus à la vie, et mon père lui-même assis plein de gloire sur son trône. Si une puissance invincible t’enchaîne là-bas, je vais te suivre ; reviens ici pour nous sauver tous, ou entraîne-nous tous après toi. Ah ! tu nous entraîneras tous dans ta ruine, et aucune divinité ne viendra nous relever de l’abaissement où nous sommes.





Scène II.

AMPHITRYON, MÉGARE.



AMPHITRYON.

Épouse de mon fils, chaste gardienne de la couche et des enfans du magnanime Hercule, ouvrez votre âme à de meilleures espérances, et ranimez votre courage abattu. Il reviendra, soyez-en sûre, et vous le verrez, comme au retour de toutes ses entreprises, plus grand que vous ne l’avez quitté.


MÉGARE.

Les malheureux croient facilement ce qu’ils désirent.


AMPHITRYON.

Ils sont encore plus portés, quand ils craignent, à ne point espérer de remède ni de fin à leurs maux. Toujours la peur met les choses au pire.


MÉGARE.

Descendu dans les entrailles de la terre, enseveli sous