Page:Sénèque - Tragédies, trad. Greslou, 1834, t. 1.pdf/89

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Personne, mieux que vous, ne peut apprendre à votre belle-fille à choisir le plus digne, avec l’approbation même de son mari. Au reste, si elle refuse d’allumer avec moi le flambeau de l’hyménée, j’emploierai la force, et j’en aurai toujours des enfans de race illustre.


MÉGARE.

Mânes de Créon, dieux domestiques de Labdacus, torches nuptiales de l’incestueux Œdipe, attachez à cet hymen les destinées héréditaires de notre famille. Cruelles fiancées des fils d’Egyptus, venez, avec le sang qui découle de vos mains homicides ; une seule d’entre vous a manqué au crime ; je ferai ce qu’elle n’a pas voulu faire.


LYCUS.

Puisque vous repoussez obstinément l’hymen que je vous propose, et que vous menacez votre roi, vous apprendrez à connaître ma puissance. Embrassez les autels, aucune divinité ne vous arrachera de mes mains, pas même Hercule, quand il pourrait soulever la terre qui l’écrase de son poids, et remonter vainqueur au séjour des vivans. Apportez ici les dépouilles des forêts, que ce temple s’embrase, et tombe sur la tête des supplians qui y cherchent un refuge ; qu’il devienne un bûcher où la femme d’Hercule et tous ses enfans périssent consumés.


AMPHITRYON.

Je ne vous demande qu’une seule grâce, et, comme père d’Hercule, j’ai le droit de la demander, c’est de périr le premier.


LYCUS.

N’infliger à tous qu’un supplie commun, la mort,