Page:Sénancour - Rêverie sur la nature primitive de l’homme, tome 2.djvu/153

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fait avec une précipitation difficile à comprendre, mais je
me borne à vous prier, Messieurs, d’insérer ma lettre.
J’ai l’honneur……
6 août 1808.

[295]

Article qu’on substitua à cette lettre, le 8 août.

Aux Rédacteurs De la Gazette.
Messieurs,
Dans votre numéro du 10 juillet, dont je n’ai point eu
d’abord connoissance, en parlant du livre de l’Amour par
M. de Senancour, on fait dire à l’auteur plusieurs choses
qu’il n’a point eu intention de dire, et qui ne pourroient
venir que d’un écrivain immoral ou insensé.
On m’accuse d’avoir dit « que l’adultère, le viol, ne
sont des crimes que par l’imperfection des lois sociales,
et qu’en conséquence, ce que j’appelle l’amour et les
mœurs, ne seroient que l’abandon le plus cynique à
toute la dépravation que les sens peuvent conseiller. »
Cependant j’ai combattu avec des forces insuffisantes,
mais avec celles dont je suis capable, l’adultère honteusement
toléré dans la société ; et quant au viol, je l’ai
déclaré crime et essentiellement crime. Je ne sais qui a pu
donner lieu à d’autres interprétations si contraires à ma pensée.
Je pourrois observer que cet article du 10 juillet me
paroît avoir été fait avec une grande précipitation ; mais
je me borne à vous prier instamment, Monsieur, d’insérer
ma lettre.
J’ai l’honneur d’être, etc.
Signé, Senancour.