Page:Sénancour - Rêverie sur la nature primitive de l’homme, tome 2.djvu/210

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des hautes cimes. Vie forte. Habitudes nomades. Épuisement progressif du globe, etc.


Quarante-unième Rêverie.

De la communication entière, sans entraves et sans foiblesses, avec l’être semblable à nous. [367] Mal|heur des torts irremédiables. Comment il se fait qu’on ne puisse se consoler de ses torts envers un homme qui ne vit plus. Affreuse amertume des reproches que l’on se fait au dernier jour. Regrets d’avoir laissé la vie se dissiper sans fruit. Du sentiment de l’Ordre. L’homme a voulu créer un ordre humain, et le désordre a envahi ses œuvres et ses pensées. La mort dévoile le néant de cette vie factice.


Quarante-deuxième Rêverie.

Possibilité du mal dans la nature ordonnée. L’intelligence dispose des qualités ; les essences sont ses matériaux, mais non ses produits. Que le monde soit matériellement, ou qu’il n’existe autre chose que l’idée du monde, apparemment la destruction violente est inévitable. Il n’y a point de mal absolu ; mais dans les rapports donnés de l’ordre social, le mal et le bien sont réels et visibles. Les principes de moralité sociale sont indépendans de toute morale innée. Ce qui seroit indifférent dans la nature, peut être néanmoins obligatoire pour l’homme. Règle sociale absolue. Règle de convention particulière à la cité. Toute institution qui propage ou augmente les différences entre les hommes, est contraire aux principes de l’association. Du but réel. Du principe des lois. Justice naturelle. Liberté sociale. Justice convenue. Liberté politique, etc. De la Guerre ; elle est inévitable, mais tant qu’elle