Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/460

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1675

399. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ AU COMTE DE BUSSY RABUTIN.

Le même jour que j’écrivis toutes ces lettres, je reçus celle-ci de Mme de Sévigné.


À Paris, ce 14e mai 1675[1].

Vous êtes le maître du pavé présentement, Monsieur le Comte. Je reçus votre lettre du 30e avril, le propre jour que Monsieur le Prince et Monsieur le Duc partirent pour Chantilly, et ensuite pour l’armée[2]. Quand ils seroient encore ici, je vous assure qu’il n’y auroit rien à faire pour vous du côté de Monsieur le Duc ; je sais qu’il a parlé sur votre sujet d’une manière qui ne doit pas donner sitôt la confiance de vouloir tirer de lui une approbation de votre retour. Servez-vous de leur tolérance ; vous ne les trouverez pas sur votre route : que vous faut-il de plus ? Le paladin[3] vous doit conduire à l’égard du maître : c’est le principal en toutes manières.

Je vous remercie de tout ce que vous dites d’obligeant sur la mort du pauvre Chésières : il me semble que je vous ai déjà écrit là-dessus.

Ma fille ne vous verra point en passant, dont elle est fort fâchée. Elle s’en va par des voies qui ne laissent aucune liberté de se détourner ; elle vous embrasse de tout son cœur.

Mandez-moi des nouvelles de votre mariage, et si vous n’avez pas écrit à Mme de Montglas sur la mort de son mari.

  1. LETTRE 399. — I. Cette lettre manque, ainsi que la suivante, dans le manuscrit de l’Institut. Par une conjecture assez vraisemblable, on l’avait datée du 25 mai dans l’édition de 1818. Voyez p. 447, note 1.
  2. 2. « La semaine dernière, dit la Gazette du 10 mai, le prince de Condé, accompagné du duc d’Enghien, partit de cette ville (de Paris), pour se rendre en l’armée du Roi sur la frontière. »
  3. 3. Voyez les lettres 394 (p. 439) et 395 (p. 442).