Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/181

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46. DE MADAME DE SIMIAKE A d’hÉRICOUHT. Du ii décembre 1731.

J’ai grand regret, Monsieur, à tous les pas précipités et inutiles que vous avez faits, et qui nous ont dérobé les moments que vous nous aviez destinés. Votre courte apparition n’a fait qu’augmenter le desir que nous avions déjà d’avoir l’honneur de vous voir; il a fallu contraindre nos empressements, ravaler toutes nos questions, réprimer notre curiosité sur cent mille choses, et vous en laisser ignorer aussi un grand nombre. J’aurois bien sérieusement souhaité de pouvoir vous entretenir un peu avant votre arrivée à Marseille, parce que je sens que personne n’est plus véritablement votre amie que moi. Ce prince a tout dérangé, et en vérité ce n’étoit pas trop la peine de s’en faire une si grande fête. Il méprise tout, il ne se soucie de rien, les honneurs le fatiguent, et il ne lui vient pas dans l’esprit, encore moins dans le cœur, de savoir le moindre gré aux gens qui se tourmentent le plus pour lui. Si cette fierté étoit soutenue Lettre 46. r. Don Carlos (voyez ci-dessus, p. 92 et g3 et note a) il était entré en Provence le 5 décembre et arrivé à Aix le 9 (selon la Gazette, le 8).

viendra au point de vous le rendre, et en attendant je • vous aime, mon cher Marquis, avec toute l’inclination, la reconnoissance et la sincérité dont je suis capable je vous prie de croire que c’est beaucoup ee mot de sincérité, en une femme, m’a effrayé moi-même en le prononçant.

a3 novembre.

1731