Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/25

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DE CHARLES DE SÉFIGNÉ, ETC. xix

humblement de m’accorder votre protection, afin que j’obtienne du Roi une grâce qui ne lui coûtera qu’une de ses paroles. C’eçt de créer une charge de lieutenant de Roi au-dessous de celle que j’ai de lieutenant général en Provence, et de vouloir bien m’en gratifier; il y en a en Bretagne et en Normandie4 elle seroit plus nécessaire en Provence qu’ailleurs, à cause du peud’officiers qu’il y a pour y commander. La Provence n’en paye que deux» • cette légère augmentation ne lui sera nullement à charge, et me tirera de l’abîme où je suis. Je ne m’attacherai point à vous persuader le besoin que j’ai d’un prompt secours; cependant, Monsieur, permettez-moi de vous dire une circonstance très-pressante c’est la banqueroute du trésorier de Provence 6. Il m’avoit avancé jusques à t. Il y avait en Bretagne, outre le gouverneur, deux lieutenants généraux et deux lieutenants de Roi; Charles de Sévigné fut en 1692 nommé titulaire d’une troisième charge de lieutenant de Roi voyez notre tome X, p. 79, note 3; l’Extrait du Mémoire de l’intendant Nointel, t9me I, p. 463 de la Correspondance admmistrathe sous Louis XIT et «-après, p. xxv et suivante. M. Chéruel, dans son Dœnonncure des Institutions. de la France, tome II, p. 664, dit que c’est en Bretagne et en Normandie qu’avaient été institués, en défiance des gouverneurs les premiers lieutenants de Roi, et qu’un édit de 1692 en établit quatre en Provence.

5. Le gouverneur et le lieutenant général; les appointements de ce dernier avaient été fixés, par ordonnances royales, « à la somme de dix-huit mille livres, équivalant à trente-six mille livres de notre monnaie actuelle: » à cette somme l’assemblée des communautés ajoutait d’ordinaire une gratification de cinq mille livres voyez Walckenaer, tome III, p. 3o8 et 3o9 la lettre du comte de Grîenan du ^3 décembre 1673, tome III, p. 3a» et 326; et tome V, p, i53 6. Ce trésorier des états de Provence se nommait Blanc. Son suc- cesseur, Creyssel, fit banqueroute comme lui. Nous avons vu dans les papiers du contrôle général un Mémoire du comte de Grignan, daté de Grignan, le 9= mars 1690, pour demander qu’on le décharge d’une somme de quarante-quatre mille vingt francs, montant des avances qu’il a reçues du sieur Blanc, ci-devant trésorier des états ne Provence.

1690