Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/253

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  • 9f. DE MADAME DE SIMIAKE AU MARQUIS ^33 3 DE CAUMOHT.

IL est vrai que j’étois très-inquiète de votre santé, mon cher Marquis l’on m’avoit dit que vous aviez la fièvre, et je ne l’aime en nul cas, ni comme cause, ni comme effet; mes amis me font grand plaisir de ne la pas garder, et je vous remercie de l’avoir congédiée. Je ne savois pas l’incommodité de Mme de Caumont, et je n’étois alarmée que pour vous. Je suis charmée que vous soyez l’un et l’autre dans une heureuse convalescence. Les maladies dans cette saison ne finissent point. Que dites-vous de l’extrême sécheresse où nous sommes ? Il y a précisément trois mois qu’il n’y a eu une goutte de pluie à Aix; nous ne savons qu’il y en a sur la terre que par des bises effroyables, qui nous en font douter. Cependant on se porte très-bien ici; apparemment on n’a pas besoin d’y être humecté. Je comptois toutes mes affaires finies dans ce mois-ci, mais on n’en sortpas si vitement. Nos options sont demeurées tout court par les chicanes de quelques créanciers, qui ne peuvent finir qu’& la rentrée du parlement, qui sera le ier d’octobre. Je vous assure, mon cher Marquis, que je vous offrirai les premiers fruits de ma liberté, et que la première chose que je ferai, ce sera d’aller passer quelques jours à Avignon. Je compte que mes chers Anfossy me donneront leur maison, et que Monsieur et Madame de Caumont me nourriront. Je ne fais qu’un repas ainsi c’est un très-grand profit pour eux. Vous ne sauriez croire le plaisir que je me fais de ce voyage, d’autant mieux quecommej’irai de là à la Garder LETTRE 91 (inédite, revue sur l’autographe). i. La Garde est au-dessus d’Avignon, plus près de Montélimar que d’Avignon, dans le canton de Pierrelatte voyez ci-dessus, p. 19, note 2 de la lettre 3, et ci-après, p. ao5.