Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/261

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96- DE MADAME DE SIMIANE A D’HÉBtCOtTRT. 1734

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Du a5 février 1734.

JE voudrois bien trouver quelque façon de vous témoigner ma reconnoissance, Monsieur, qui convint et qui fût assortie à toute celle que j’ai dans le cœur pour le bien que vous venez de faire au pauvre petit Bernard. Vous en serez content, c’est un bon sujet, il répondra par son zèle à toutes vos bontés voilà qui nous acquittera un peu tous. Soyez bien persuadé, s’il vous plaît, que vous n’obligez pas une ingrate, et que vos bienfaits me pénètrent à un point qui vous acquiert mon moi tout entier. Si avec cela Varages est écrivain, je ne sais plus où donner de la tête. Ma grand’mère disoit en pareil cas, que quand on étoit obligé à quelqu’un à un certain point, il n’y avoit que l’ingratitude qui pût tirer d’affaire1 je ne sens point encore cette façon de penser à votre égard, Monsieur.

Il2 faut cependant vous dire que voulant croire, puisque vous l’ordonniez, que cette affaire ne dépendoit pas tout à fait de vous, et M. de Sineti m’ayant mandé que votre liste étoit partie, j’ai recommandé mon pauvre Varages à M. de Maurepas, dans la confiance qu’il étoit sur cette liste. Vous me faites l’honneur de me dire qu’elle n’est pas partie j’ai donc fait peut-être une étourderie mais elle ne peut pas faire grand’mal en tous cas. Peutêtre aussi ai-je cru lire que cette liste étoit partie et me suis-je trompée. Quoi qu’il en soit, j’ai cette affaire fort LETTRE g6. 1. « Plût à Dieu qu’enfin vous fussiez si pressée de mes bienfaits, que vous fussiez contrainte de vous jeter dans l’ingratitude t C’est la vraie porte pour en sortir honnêtement, quand on ne sait plus où donner de la tête. » (Lettre de Mme de Sévigné à Mme de Grignan, du 9 mars 1672, tome II, p. 5î8.)

2. Tout cet alinéa manque dans l’édition de 1773.