Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/262

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée

i76

173*

à coeur vous n’en doutez pas, Monsieur, et m’étant flattée du succès, je ne vois qu’avec douleur et inquiétude qu’elle ne soit pas finie. J’espère en vous et je continue à vous demander votre protection quoi que vous puissiez dire, j’y ai grande foi.

Madame votre sœur est jolie, gentille, aimable au dernier point; elle se conduit très-bien; elle a bien des devoirs à remplir, elle s’en acquitte, c’est beaucoup; car tout cela n’est pas toujours ce qui plairoit à son âge. Soyez content, Monsieur, et jugez bien d’une petite âme dont les fonctions sont raisonnables. Elle me fait l’honneur de venir quelquefois passer les soirées avec moi, et il ne paroît pas alors qu’elle desire d’être mieux. L’esprit de couvent s’efface, le sien paroît elle en a; et pourquoi n’en auroit-elle pas ? le monde, la bonne compagnie perfectionneront tout elle est en bonnes mains, elle est fort aimée dans sa famille, et je dirois trop, si elle avoit quelque petite chose sujette à correction; car on ne l’apercevroit pas, et ce seroit alors un malheur. En tout, c’est une fort jolie femme, et le temps manifestera les qualités solides dont je la crois pourvue, sans aucune flatterie; vous savez combien je suis à elle et à vous, je le lui ai déjà bien témoigné, et je le ferai encore il n’y a pas lieu à la confiance sitôt, et il est même du bon esprit de ne la donner qu’à propos. Soyez content encore une fois. J’entends murmurer d’un second voyage à Paris; Monsieur, cela est-il vrai? Quoi? Belombre seroit encore abandonné cette année ? quelle inhumanité Si vous ne pouvez pas venir nous voir jusqu’au départ des galères, j’irai vous rendre une visite, et par occasion à mes lilas.

Adieu, Monsieur aimez-moi toujours; vous le devez un peu, c’est moi qui vous en réponds.