Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/283

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peut-être pas qu’il y eût rien de si plaisant j’ai cru que c’étoit une malice de Mme de Caumont, ou une peste de l’abbé Poulie. Faites-vous expliquer ce que c’est que la peste. Imaginez-vous donc qu’il y a deux ans que je suis à la quête de vin de Chypre, qui est pour moi de l’or potable; que cet abbé Poulie a été témoin de toutes mes agitations pour en avoir; que tous mes parents et amis alloient de porte en porte mendier une pauvre petite bouteille, et que de l’une à l’autre il y a des intervalles de six mois; que pour or ni argent je n’en puis pas avoir de ce pays-la, ayant employé tous les marchands, négociants, intendants, etc.; que j’ai quêté en passant le marqmsd Antm8, qui m’en a donné un petit brin, et que c’est dans cette indigence que je m’entends donner la commission de trente-six bouteilles d’Angleterre de vin de Chypre! Je lus et relus cet article, et je crus de bonne foi que c’étoit une plaisanterie; mais la Boulie et les sophistes me dirent qu’un homme enrhumé et saigné ne hadinoit pas. Me voilà donc bien embarrassée. Là-dessus, arrivent M. duFort» et Monsieur le curé de Saint- Ferréol’ qui est l’homme aux ressources, et qui a pour le service de ses amis de toutes les boissons et drogues de tous les pays et moi de lui vite conter ma chance. Il me fut répondu que même en Chypre, il n’y avoit plus de vin de Chypre. Cela me fit souvenir qu’une fois en ma vie je n’ai point trouvé de vin de Vienne à Vienne. Mais, Madame, ne vous moquez pas de moi, s’il vous plaît, car je veux vous pousser à bout; et puisque j’ai su aller en Numidie, je saurai bien aller en Chypre, et j’y planterai des •vignes, s’il n’y en a plus, et dans quarante ans d’ici je a. Voyez ci-dessus, p. i3S, note g.

3. S’agirait-il de Jean-Jacques de Fort, seigneur de Silvabelle et d-Orti Gubian, ou de son cousin François de Fort, coseigneur

d’Ortigues? P