Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/298

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désespérer; et de tout ce que je perds, rien ne me touche tant que la niche jaune2 croyez-le bien, Monsieur. Mme de la Tour a fait une mention de moi, trèshonorable et très-aimable, dans une lettre à Mme de Bonneval; je vous prie de l’en remercier quand vous lui écrirez.

Permettez-moi de mettre ce billet pour Boismortier, et permettez-lui de faire un petit tour à Aix. Adieu, Monsieur.

Je vous supplie, Monsieur de vouloir dire tous mes chagrins à M. Pène j’avois trop de plaisir de voir ses ouvrages.

122. DE MADAME DE SIMIANE A D’HÉRtCOURT~ Du 28 avril 1735.

Vous m’accablez, Monsieur; vous n’avez point de charité et fort peu d’équité pouvez-vous douter du plaisir que je m’étois fait de vous aller voir; d’être chez vous en toute liberté; de jouir de toutes vos bontés, de votre belle maison, de cette jolie niche jaune; de causer avec vous aux heures que vous auriez eues libres; d’être sûre que je suis avec un ami à qui je puis tout dire et de qui j’aime à tout écouter? Hélas! Monsieur, c’est là le seul bonheur de ma vie. Je ne vous parle plus de mes lilas, ils n’étoient que le prétexte1. Et qu’est-ce que je préfère a. Un petitréduitsansdoutedanslesalon de Belle-Isle,ou peut-être un de ces abris que Mme de Maintenon dut mettre à la mode et qu’on appelait nicltes. a G’étoit, dit le marquis de Sourches (cité par les éditions deDangeau, tomeXVI du Journal, p. 72), un grand confessionnal garni d’étoffe pour empêclierle vent de trois côtés; elle (Mme de i1Iaintenon) en avoit de semblables dans tous ses appartements. » LETTRE iaa. t. «Je ne vous parle pas de mes lilas, ils n’étoient que prétexte. » (Édition de 1773.)