Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/304

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clarté; celles du maître du lustre sont certainement de vous plaire mais il faut qu’il sache les vôtres. Ne parlez qu’à moi de tout cela, je vous prie, pour le présent. Adieu, Monsieur nourrissez-vous, mangez, promenezvous, ôtez de votre tête tout ce qui la fatigue, aimez toujours une amie qui vous aime de tout son cœur. Vous devriez nous venir voir avant le départ de notre chevalier d’Orves, qui sera bientôt. Par exemple, je dîne lundi chez Mme de la Tour je vous y prie.

125. DE MADAME DE SIMIANE A D’HÉRICOrjRT1. Voici une journée qui me perce l’âme. M. Taissier commença hier au soir la blessure. Je vis tout d’un coup Belle-Isle, Belombre, nos pauvres petites soirées, nos innocents plaisirs, notre tranquillité, nos petites crèmes, notre lait, notre vache. Et qui va succéder à tout cela de votre part? Paris8, un tumulte, un fracas, des procès (ou quelque chose de pis, qui sera un dépouillement volontaire), les occupations domestiques, chamarrées de la cour, des ministres, de vos galères, du Grand Prieur: vous voilà. Et moi? un pauvre malade que je ne puis ni voir, ni ne pas voir, mon cher voisin de Belombre à deux cents lieues au bout du monde. Je vous avoue que j’ai le cœur dans un serrement et une tristesse dont je ne vois point la fin. Laissons tout cela, parlons de cejourd’hui. LETTRE 125. x. Dans les éditions antérieures cette lettreest ainsi datée « R. vendredi 1738. » M. vendredipouvait bien être de la main de d’Héricourt, et signifier « répondu vendredi. » Quant au millésime, il était sans doute, comme pour la plupart des lettres, une addition des éditeurs.

2. Ce passage a été ainsi abrégé dans l’édition de 1773 « Paris, un tumulte, un fracas; les occupations domestiques chamarrées dela cour, des ministres vous voilà. Et moi, etc. »