Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/319

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée

233

ïï

à Mme de la Tour. Elle vint l’autre jour me voir; mon } ;,ç 5 beau salon, mon beau soleil; nous étions trois.; aimable conversation elle y fut deux heures et quand elle voulut partir, je l’arrêtai, et je lui dis « Demeurez, Madame peut-être que de plus d’un an vous ne serez si bien, ni en si bonne compagnie. » Que dites-vous de mon effronterie? Et cela étoit vrai. Ils sont toujours bien aimables vos chers parents. M. Perrin vous donnera peut-être quelque chose pour moi; vous voudrez bien vous en charger ne lui laissez pas ignorer votre départ, s’il vous plaît.

l34- DE MADAME DE SIMIANE A d’hÉRICOURT. Du 14 novembre 1735.

Vous avez bien raison, Monsieur, de me croire extrêmement affligée de la mort du pauvre la Boulie1. Si vous saviez ce que je perds, vous en connoitriez toute l’étendue les fonctions de son amitié ne ressembloient point à celles des autres. On peut trouver un ami tendre, solide, secret (celui-là est plus rare); mais véridique jusqu’à la brutalité, ne vous passant rien, prévoyant tout, grondant toujours, et cependant ne mettant jamais d’humeur dans ses gronderies, ni de soupçon du principe dont elles viennent où trouve-t-on tout cela ? Je crois à présent faire autant de sottises que de pas. Mais vous, Monsieur, vous perdez aussi plus que vous ne pensez cet homme vous étoit infiniment attaché je puisois dans sa bonne tête les petits avis que je’prends la liberté de vous donner quelquefois. Enfin nous n’aurons qu’à nous bien Lrttbs i34. i. Voyez ci-dessus, p. 72, note 1.