Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/557

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 47i

de si aimable qu’elle; cependant elle n’aima jamais que lui, avant ni après sa mort’, arrivée peu de temps après leur mariage, dans un combat singulier avec le chevalier d’Albret.

Mme de Sévigné fut fort touchée de cette perte; et ce qui* la détermina à ne se point remarier, jeune, riche, pleine d’agréments, et aussi recherchée qu’elle étoit, fut sans doute la crainte de trouver encore un ingrat; à quoi se joignit la tendresse qu’elle ’avoit pour un fils et pour une fille que son mari lui avoit laissés. Cette aimable fille, digne de toute la tendresse que lui témoigne sa mère dans les lettres rassemblées dans ce Recueil4, fut Françoise d&Sévigné. Elle épousa François-Adhémar de Monteil, comte de Grignan, chevalier des ordres du Roi, lieutenant général8, commandant en Provence. Mme de Sévigné, aidée de la nature, rendit Mlle de Sévigné, depuis comtesse de Grignan, la plus aimable fille de France.

Il est encore, ce me semble, à propos d’apprendre aux lecteurs, qn’au commencement de la guerre de Hollande, le Roi, trouvant M. le duc de Vendôme, qui étoit gouverneur de Provence, trop jeune encore pour lui commettre le soin de cette province, donna ordre au comte de Grignan d’y aller commander, et sur les côtes. Cet ordre fut cause de l’absence et de l’éloignement de Mme de Grignan, et des chagrins" et des inquiétudes de Mme de Sévigné, qui avoit compté, en la mariant 7 à un homme de la cour, de ne s’en jamais séparer un instant et cette séparation, cruelle pour une mère si tendre, a donné lieu à toutes les lettres que l’on verra ci-après. Quoiqu’il ne soit pas toujours permis de louer les personnes vivantes, il est cependant juste d’apprendre que Panline de Grignan, dont Mme de Sévigné pensoit si avantageusement, est la même marquise de Simiane à qui le lecteur est redevable des moments agréables qu’il va passer dans la lecture des lettres de Madame sa r. « Avant et après sa mort. » [Édition de la Haye.)

2. « fat fort touchée de cette perte. Ce qui, etc. » [Ibidem.)

3. « Pour un fils et une fille. » {Ibidem.)

4. « Dans les lettres Insérées dans ce Recueil. » {Ibidem.)

5. « Chevalier de l’ordre, lieutenant général. » (Ibidem.)

6. « d’apprendre au lecteur que le comte de Grignan reçut ordre d’aller commander en Provence, et sur les côtes, au commencement de la guerre de Hollande, Sa Majesté trouvant alors M. le due de Vendôme, qui en étoit gouverneur, trop jeune pour lui en commettre le soin. Cet ordre fut cause des chagrins, etc. » {Ibidem.)

7. « En mariant sa fille. » (Ibidem.)

8. « de ne s’en jamais séparer, et donna lieu. » (Ibidem.)

g, « Que Pauline, dont Mme de Sérigné pensoit si avantageusement dès sa plus tendre jeunesse, est la même .marquise de Simiane à qui le lecteur sera redevable. » (Ibidem.)