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NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 475

III. AVERTISSEMENTS ET PRÉFACE DE PERRIN.

AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR,

EN TÊTE DE l’ÉDITIO» DE I7S4.

Les réimpressions des lettres de Mme de Sévigné ont été si fréquentes en France et dans les pays étrangers, qu’une nouvelle édition devenoit inutile, si ces lettres n’avoient eu qu’une vogue passagère. Mais puisqu’il est certain qu’elles iront à la postérité, tout semble avoir exigé qu’on les fît reparoître avec un nouvel éclat. Il y a déjà quelques années qu’après bien des recherches, j’eus le bonheur de recouvrer un nombre considérable de lettres de la mère à la Elle, que je croyois ou perdues ou égarées; je compris dès lors que si on les inséroit dans une seconde édition, selon l’ordre chronologique, parmi celles qui ont déjà paru, ce seroit rendre un nouveau service au publie; et je sentis en même temps que la première édition auroit besoin d’être revue sur les originaux mêmes, si on vouloit que celle-ci acquît une plus grande perfection. Mais combien de difficultés vinrent ensuite s’offrira à mon esprit? a Il falloit débrouiller les nouvelles lettres, en découvrir les dates il falloit revenir sur les anciennes; il falloit accompagner les unes et les autres dequelques notes assez courtes pour ne point embarrasser le texte, mais nécessaires àlaplupart des lecteurs. En un mot, j’étois comme effrayé à la vue d’une entreprise que j’aurois infailliblement abandonnée, si je n’avois moins consulté mes forces que mon zèle pour la mémoire de Mme de Sévigné.

Les fonctions d’un éditeur ne sont pas toujours aussi bornées qu’on le peuse ordinairement. Jaloux du succès d’un ouvrage posthume qu’il publie, il doit se représenter sans cesse ce qu’auroit fait l’auteur lui-même, si celui-ci avoit eu le temps d’y mettre la dernière main. Il est vrai que l’éditeur n’a jamais le droit de mêler quelque chose du sien dans l’ouvrage d’un autre; mais lui contestera-t-on la liberté de supprimer ce qui ne lui paroît point également propre à voir le jour ? Or, comme il s’agit de faire un choix, et que ce choix dépend de l’intelligence et du goût de l’éditeur, je conviendrai sans peine qu’il n’a manqué à la gloire de Mme de Sévigné qu’un Pellisson, pour lui rendre après sa mort les mêmes services qu’il rendit autrefois à Sarasin, et que de nos jours l’abbé Massieu a rendus à un académicien