Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/569

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NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 483

J’aurois souhaité pouvoir rassembler des mémoires assez détaillés,

pour qu’il ne manquât rien à l’éloge historique de Mme de Sévigné ï mais quelques recherches que j’aie faites, voici le peu de faits que j’ai été en état de recueillir.

Marie de Rabutin, dame de Chantal et de Bourbilli, naquit le 5 de

février 1626 de Celse-Bénigne de Rabutin, chevalier baron de Chantal, Bourbilli, etc., chef de la branche aînée de Rabutin; et de Marie de Coulanges.

Le baron de Chantal, son père, étoit fils de Christophe de Rabutin

et de Jeanne-Françoise Frémiot2. II fut tués le 22 juillet 1627 à la descente des Anglois en l’île de Rhé, où il commandoit l’escadron des gentilshommes v olontaires en sorte que Marie de Rabutin, âgée d’un an et quelques mois, demeura seule héritière des biens de cette branche de Rabutin. Marie 4 de Coulanges,sa mère ,et Christophe de Coulanges, son oncle, prirent un soin particulier de son enfance, et s’appliquèrent à faire valoir par une éducation sage et chrétienne toutes les heureuses dispositions qu’elle avoit reçues de là nature. Elle apprit le latin, l’espagnol et l’italien, dont elle savoit assez pour lire les bons auteurs et même les poètes de chacune de ces langues. A l’âge de dix-huit ans, elle épousa8 Henri marquis de Sévigné6,

d’une des plus anciennes maisons de Bretagne. Elle en eut un fils et une fille. Son mari, naturellement inconstant, lui fit de fréquentes infidélités, à quoi elle fut très-sensible mais quoiqu’il n’eût pas eu pour elle tout l’attachement dont elle étoit si digne, elle ne laissa pas de le regretter sincèrement à sa mort, arrivée le 2 février 16S 1 dans un combat singulier contre le chevalier d’ÀIbret.

La tendresse de Mme de Sévigné pour ses enfants lui fit porter

ses vues non-seulement sur leur éducation, mais sur le rétablisse1. Ce mot de chevalier n’est point dans l’édition de 1734.

2. Fondatrice de l’ordre de la Visitation, et connue depuis soiis ïë nom de

la Lienheureuse mère de Chantai. (Note de Perrin.) Dans l’édition de 1734, le père du baron de Chantal n’est pas nommé; après le nom de JeanneFrançoise Frémiot on lit de plus illustre par ses vertus et par sa piété; » mais en note il y a seulement <t Fondatrice de l’ordre de la Visitation. »

3. On assure que le baron de Chantal fut tué de la propre main de Cromwel.

Voyez la Vie de Cromwel par Gregorio Léti. {Note de Perrin.)

4. La fin de cet alinéa, à partir d’ici, n’est pas dans l’édition de r?34.

5. Le i«r août 1644; (Note de Perrin.)

6. Il étoit maréchal des camps et armées du Roi, et gouverneur de Fougères.

Noté du même.)

7. «On prétend que son mari n’eut pas pour elle tout l’attachement dont

elle étoit digne, ce qui n’empêcha pas Mme de Sévigné de le regretter, etc. » (Édition de 1734.)