Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/578

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée

,92 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE.

portantes, non-seulement à garder, mais encore à publier, parce qu’elles seroient constamment à l’usage- du plus grand nombre des lecteurs, et qu’elles serviroient à l’intelligence du livre du monde, livre si souvent ignoré, et dont l’étude est pourtant si nécessaire. Balzac et Voiture ont mis tout l’esprit et tout le soin possible dans leurs lettres aussi ont-elles de grandes beautés; mais qu’est-ce que le beau dans le genre épistolaire, si le bon ne s’y trouve joint en même temps? or le bon qu’on y desire n’est autre chose que le naturel, le naïf et le simple. Il ne s’agit donc pas de travailler une lettre comme on feroit un. ouvrage d’esprit, puisque l’essence de ce genre est d’appartenir tout entier au sentiment, et de n’y admettre les grâces mêmes, pour ainsi dire, qu’en négligé. Ce n’est, en effet, ni d’une grande correction de style, nid’unerecherche excessive dans les tours et dans les pensées, que dépend la perfection d’une lettre; on arrive à ce point-là plus sûrement par une riante et belle imagination, parl’usage dumonde, qui achève ce qu’une excellente éducation a commencé, et surtout par cet air libre et naturel, en quoi consiste principalement tout le charme des lettres.

Celles de Voiture faisoient encore les délices de tout le monde, lorsque, vers le milieu du siècle dernier, on s’éloigna peu à peu de la route qu’il avoit suivie, et que, dans une société où régnoiênt souverainement l’esprit et la politesse, on s’écrivit enfin des lettres qui furent bientôt regardées comme les vrais modèles du style épistolaire. Balzac et Voiture commencèrent dès lors à n’être plus tant admirés comme leurs lettres n’étoient redevables de leur grand succès qu’à la mode, elles en dévoient nécessairement éprouver les caprices il n’y a que les ouvrages de goût qui n’y soient point assujettis, et qui soient sûrs en quelque manière de vivre éternellement. Telles sont les lettres du comte de Bussy; telles sont celles de son illustre cousine’, qu’il falloit nommer la première, et telles on croit pouvoir assurer que seront les Lettres diverses qu’on donne aujourd’hui au public.

V. AVERTISSEMENT DE L’ÉDITION DE 1756. L’accuetl favorable que le public a toujours fait aux différentes éditions qui ont parues (sic) des lettres de Mme la marquise deSévigné, nous a engagé à faire imprimer ce petit recueil les lettres qui I Marie de Rabutin Chantal, marquise de Sévigné.

{il’ote de F édition de 1751.) -)