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494 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE.

VII. PRÉFACE DES LETTRES DE MADAME DE SE VIGNE A MODLCEAU, ETC.,

DANS L’ÉDITION DE 1773.

LES lettres de Mme de Sévigné que l’on présente ici au public sont adressées à M. de Moulceau, président à la chambre des comptes de Montpellier, qui maria Mlle de Moulceau, sa fille, à M. de Girard, conseiller en la même chambre, dont les filles sont mortes sans enfants. Ces lettres sont parvenues à M. le marquis de Girard, leur cousin et leur héritier. Les originaux sont entre ses mains. Elles ont été écrites depuis l’année ï68t jusqu’en l’année 1696, où mourut Mme de Sévigné. On y a joint quelques lettres de Corbinelli, son ami, et de M. et Mme de Grignan c’est ce qui compose la première partie de ce volume l’autre contient des lettres de Mme la marquise de Simiane à M. d’Héricourt. Mme de Simiane étoit, comme l’on sait, fille de Mme de Grignan et petite-fille de Mme de Sévigné. C’est elle dont il est question dans les lettres de cette dernière sous le nom de Pauline.

Le nom de Mme de Sévigné, le plus célèbre de tous les noms dans le genre épistolaire, suffit pour exciter la curiosité du public. Ses lettres à M. de Moulceau ne nous ont point paru indignes d’elle c’estlamême délicatesse et le même naturel que l’on remarque dans tout ce qu’elle a écrit. Elles sont parsemées d’anecdotes intéressantes. Celles de Mme de Simiane, qui écrivoit à la campagne, n’ont pas ce dernier avantage; mais on y trouvera beaucoup d’esprit et d’agrément.

Ce volume est fait pour servir de suite au recueil des lettres de Mme de Sévigné. Il seroit inutile de s’étendre sur le mérite si connu de ce recueil. Le plus grand éloge d’un ouvrage, c’est d’être beaucoup relu; et en ce sens, qui a été plus loué que Mme de Sévigné? C’est le livre de toutes les heures à la ville, à la campagne, en voyage, on lit Mme de Sévigné. Quel livre plus précieux que celui qui vous amuse, vous intéresse et vous instruit sans vous demander d’attention? C’est l’entretien d’une femme très-aimable, dans lequel on n’est point obligé de mettre du sien, ce qui est un grand charme pour les esprits paresseux, et presque tous les hommes le sont, au moins la moitié de la journée.

Je sais bien que les détails historiques d’une cour et d’un siècle qui ont laissé une grande renommée font une partie de l’intérêt qu’on prend la lecture de Mme de Sévigné. Mais la cour d’Anne