Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/582

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496 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE.

qu’il ne croyoit pas nous instruire: ses lettres sont des confidences faites à un ami, et nous en avons surpris le secret. Elles ont un bien plus grand mérite que celui de l’esprit l’esprit au contraire est tout le mérite des lettres de Pliue. Une recommandation, une invitation sont pour lui des ouvrages; il écrit tous ses billets sous les yeux de la postérité.

Il est bien étrange que les lettres de Voiture y soient parvenues il est vrai qu’elle s’en occupe peu, il n’y a guère de recueils plus insipides. Sa réputation peut cependant s’expliquer c’étoit le faux bel esprit qui succédoit au pédantisme, et c’étoit un degré par lequel il falloit passer pour arriver au naturel et au bon goût. Telle est en tout la marche de l’esprit humain il ne trouve le bon sens qu’après avoir épuisé les sottises.

VIII. AVERTISSEMENT DU LIBRAIRE, EX TÊTE DE i/ÉDlTlOK DE 1775.

(H» ag, p. /,4g.)

LE nom de Mme de Sévigné porte une recommandation si puissante en faveur d’un recueil de ses lettres, que l’éloge le plus fastueux n’atteindroitjamais à l’idée que ce seul titre doit en faire prendre à tous les gens de goût. Il suffit de dire que ces lettres étoient ensevelies çà et là dans les six gros volumes des lettres de Bussy Rabutin, condamnées depuis si longtemps à l’oubli. Bussy, dont on lit encore avec intérêt les Mémoires, dans tous les endroits où il ne parle pas de lui-même, en parle ici continuellement, et avec aussi peu de pudeur que de mesure. Aussi n’a-t-on extrait de ses lettres a Mme de Sévigné que ce qui étoit absolument nécessaire pour expliquer quelques endroits des réponses de sa cousine. La diction pure, mais roide et empesée, de l’un, étoit trop éloigné des gràces, de l’aisance et de la rapidité du style de l’autre, pour que leurs lettres pussent se trouver ensemble sansoffrir le disparate le plus choquant (sic). On a pensé que ces fausses richesses u’eusseutréellement fait qu’appauvrir notre petit trésor. Outre l’avantage qu’ila de compléter lanouvelle édition qu’on vient de donner des Lettres de Madame de SèvignèaMadame de Grignan, sajillejXa. celui de réunir dans un seul volume tous les genres de beautés éparses dans le grand recueil, on diroit même de présenter le modèle