Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/603

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NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 5 17

tance il paroît qu’elle s’imposa la loi de ne publier que ce que son père auroit lui-même consenti à mettre au jour. Mais pour bien connoître la position dans laquelle Mme de Coligny se trouvoit placée, il est bon de jeter un coup d’œil rapide sur cette correspondance

Les lettres de Mme de Sévigné au comte de Bussy se divisent naturellement en deux époques; la première commence au mois de mars 1646, et se termine au 4 août i657. Après un silence de neuf ans, Bussy écrit à sa cousine le 2 novembre 1666, et continue jusqu’au s décembre 169s. Pendant les dix premières années, Mmede bévigne’ badine avec son cousin d’une manière aussi franche et aussi naïve que si elle eût écrit à M, de Coulanges ; mais pendant la seconde époque, elle a toujours présente à l’esprit l’offense qu’elle a reçue du comte, et semble à chaque instant redouter que Jes expressions de ses lettres, mal interprétées par son cousin, ne lui attirent de nouveaux outrages; ce souvenir fait naître un reproche sous sa plume Bussy s’emporte, des explications ont lieu; Mme de Sévigné pulvérise les excuses de son cousin, le réduit au silence, et cet homme si orgueilleux, oblige’ de s’avouer vaincu, sollicite un pardon qui ne lui est accordé que pour lui être souvent reproché. A mesure que les années s’écoulèrent, cette teinte s’affoiblit peu à peu, mais elle ne s’effaça jamais entièrement.

Le comte de Bussy n’auroît sans doute jamais consenti à rendre le public témoin de sa défaite. Sa fille suivit ses intentions présumées dont elle étoit peut-être dépositaire, et les belles pages que l’indignation dicta à Mme de Sévigné furent retranchées de la correspondance.

Il serait trop long de donner une idée des autres suppressions. On a plus particulièrement insisté sur les lettres relatives aux Amours des Gaules, parce que tout le reste du recueil ne présente rien de ce caractère.

Cette correspondance a été retrouvée presque entière, écrite de la main du comte de Bussy. Les manuscrits qui la contiennent sont trop importants pour n’en pas donner ici une désignation détaillée. Ils appartiennent à M. le marquis de Laguiche, pair de France, et font partie de ses papiers de famille. Il n’a pas voulu en jouir seul, il a confié à l’éditeur le soin de les mettre au jour.

Voici en quoi ils consistent

1° Deux volumes in-folio écrits entièrement de la main du comte de Bussy Rabutin, dédiés à la marquise de Coligny, reliés aux armes de la maison de Langhac J.

I. M. de Coligny, premier mari de Mlle de Bussy, étoit Langhac; il n’étoit Coligny que par sa mère. (Note de l’édition de 1818.)