Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/96

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ip NOTICE

aux ^Itérations que subit la correspondance de Mme de Sévigné dans l’éditipn publiée par le chevalier de Perrin. Les égards dus à quelques personnes, dont les parents se trouvaient rnerçtionnés dans les lettres d’une manière peu flatteuse, commandèrent aussi un petit nombre de retranchements. Mais la mesure fut dépassée. Un document inédit, que nous fournissant |es papiers du marquis de Caumpnt, prouve que c’est surtout aux exigences de Mme de Simjane que nous devons imppter, pour les changements qui affectent, non pas la forme, mais le fond, ce malencontreux remaniement que la critique moderne condamne avec raison,

P’,4nfossy écrit de Paris, Je 16 février 17^7, au marquis de ÇaumQnt « L’édition des lettres de Mme de Sévigné s’avancç* ¡ mais l’éditeur, notre ami, se voit sur les bras un fjîph,eux prqçès à démêler avec Mme der Sjjfniane, II est venu ù pefte dame 4e nouveaux scrupules, et plus difficile^ k lever. Elle est alarmée des histoires galantes que sa grand’rqère se plaît quelquefois à raconter, et des réflexions, qu’elle se permet, qui ne s’accordent pas toujours avec cette haute dévotion dont elle faisoit quelquefois parade. Le contraste est en effet plaisant; i mais les regrets de Mme de Simiane viennent un peu tard il auroit fallu les prévenir lors de l’édition des premiers volumes. Quoi qu’il en goit, ejle écrit là-dessi}5 de 1$ mqpjère du mondç la plus, pitthétîqqe, la tlisEesse dans Je coeur, le reprqehe au bout de la plume; elle est la plus malheureuse du monde, tous ses soins sont trahis, tout conspire à Phumilief, etc. C’est pourtant elle-même qui a remis les papiers, qui a consenti à leur publication. Aujourd’hui elle auroit voulu qu’on lui eût communiqué la copie. Jugez s’il est bien aisé de faire passer et repasser des cahiers j dans l’humeur où elle est, elle les auroit 1. Il s’agit des deux derniers volumes (V et VI) de la première édition du chevalier de Perpin. Ils ne furent publiés qu’en 1737; les quatre premiers avaient paru en 1784. Le même d’Ànfossy annonce ainsi ces deux volumes complémentaires au marquis de Caumont, dans une lettre du 2 janvier 1737 « II va paraître deux nouveaux volumes de lettres de Mme de Sévigné on en a retranché tout ce qui pouvait blesser quelqu’un, et l’éditeur, à qui les originaux ont été confiéSj s’est engagé à les brûler, l’édition faite. »