Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/443

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de madame de sévigné.

Quoi ! on ne connoît point les restringents en Provence ? Hélas ! que deviennent donc les pauvres maris, et les pauvres… je ne veux pas croire qu’il y en ait[1].



230. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME ET À MONSIEUR DE GRIGNAN.
À Paris, mercredi 23e décembre.

Je vous écris par provision, ma bonne, parce que je veux causer avec vous. Un moment après que j’eus envoyé mon paquet le jour que j’arrivai, le petit Dubois m’apporta celui que je croyois égaré : vous pouvez penser avec quelle joie je le reçus. Je n’y pus faire réponse, parce que Mme de la Fayette, Mme de Saint-Géran, Mme de Villars, me vinrent embrasser. Vous avez tous les étonnements que doit donner un malheur comme celui de M. de Lauzun[2] ; toutes vos réflexions sont justes et naturelles, tous ceux qui ont de l’esprit les ont faites ; mais on commence à n’y plus penser : voici un bon pays pour oublier les malheureux. On a su qu’il avoit fait son voyage dans un si grand désespoir, qu’on ne le quittoit pas d’un moment. On le voulut faire descendre de carrosse dans un endroit dangereux ; il répondit : « Ces

  1. 10. Ce post-scriptum a été omis dans notre manuscrit. Il se lit dans l’édition de la Haye (1726), avec la note suivante : « Ceci est de Mme de Sévigné. » Un peu plus haut, il y a une note semblable pour le billet de Coulanges : « Ceci est de M. de Coulanges à Mme de Grignan. »
  2. Lettre 230 (revue sur une ancienne copie). — 1. Voyez la note 5 de la lettre 224.