Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/495

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

1672 jours ? est-il encore question des grives ? Il y avoit l’autre jour une dame[1] qui confondit ce qu’on dit d’une grive, et au lieu de dire elle est soûle comme une grive, elle dit que la première présidente[2] étoit sourde comme une grive : cela fit rire.

Adieu, ma chère enfant, je vous aime, ce me semble, bien plus que moi-même. Votre fille est aimable ; je m’en amuse de bonne foi ; elle embellit tous les jours ; ce petit ménage me donne la vie.


246. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
À Paris, vendredi 5e février. Il y a aujourd’hui mille ans que je suis née[3].

Je suis ravie, ma chère bonne, que vous aimiez mes lettres, je ne crois pas pourtant qu’elles soient aussi agréables que vous dites, mais il est vrai que pour figées, elles ne le sont pas[4]. Notre bon Cardinal[5] est dans la solitude, son départ m’a donné de la tristesse ; mais croyez, ma très-chère, que rien ne peut être comparé aux douteurs de votre départ.

On m’a assuré ce matin que le Chevalier se portoit un

  1. 9. Mme de Louvois : voyez la lettre suivante, p. 492.
  2. 10. Madeleine, fille de Nicolas Potier, sieur d’Ocquerre, conseiller d’Etat. Elle avait épousé en 1640 Guillaume de Lamoignon, premier président de 1658 à 1677. Elle mourut en 1705.
  3. Lettre 246 (revue en très-grande partie sur une ancienne copie). — 1. Mme de Sévigné avait quarante-six ans.
  4. 2. Ce membre de phrase est dans l’édition de 1725 et dans celle de la Haye (1726). Dans la première, on lit froides, au lieu de figées.
  5. 3. Le cardinal de Retz.