Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/192

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1673 parlons que de Mlle de Scudéry et de la Troche avec la Brétèche, et de toutes choses avec plusieurs qui connoissent Paris. Si tantôt il fait un moment de soleil, Monsieur de Marseille me mènera bayer[1]. En un mot, j’ai déjà de Marseille et de votre absence jusque-là[2]. La Santa-Crux[3] est belle, fraîche, gaie et naturelle ; rien n’est faux ni emprunté chez elle. Je vous prie de songer déjà à des remerciements pour elle, et à la louer du rigodon où elle triomphe[4].

Adieu, ma très-aimable enfant : hélas ! je ne vous ai point vue ici ; cette pensée gâte ce qu’on voit. Adhémar, qui, par parenthèse, a pris le nom de chevalier de Grignan[5], a fait le petit démon quand je lui ai dit que vous m’aviez envoyé de l’argent pour lui. Il n’en a que faire, il a dix mille écus ; il les jettera par la place ; vous êtes folle, il ne vous le pardonnera jamais ; mais là-dessus je me sers de ce pouvoir souverain que j’ai sur lui, et j’ai obtenu qu’il recevra seulement un sac de mille francs. Cela est fait, et quoi qu’il dise, je crois qu’il sera dépensé

  1. 4. Dans l’édition de la Haye (1726) et dans celle de 1734 : « Il fait un moment de soleil. Tantôt Monsieur de Marseille me mènera baisailler. »
  2. 5. Pour expliquer jusque-là, l’édition de 1754 ajoute : « et en même temps je porte ma main un peu au-dessus de mes yeux. »
  3. 6. Marguerite de Galéans des Issarts, femme de Henri de Forbin de Sainte-Croix.
  4. 7. Au lieu de ces derniers mots : « et à la louer, etc. » on lit dans l’édition de la Haye (1726) les mots inintelligibles que voici : « à la louer d’un V** dont elle triomphe. » Ce membre de phrase manque dans l’édition de 1734.
  5. 8. Depuis la mort du chevalier de Grignan son frère. (Note de Perrin, 1734.) — Ces mots : qui, par parenthèse, etc., ne seraient-ils pas une addition des éditeurs ? Il est étonnant que Mme de Sévigné apprenne à sa fille ce que celle-ci doit savoir pour le moins tout aussi bien qu’elle. — Toute la fin de la lettre, depuis Adhémar, manque dans l’édition de 1754