Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/271

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1673 là-dessus, et vous céderez aux vues que nous avons ici. Il faut toujours dire un mot de la suite d’Orange, et du troupeau, et du petit procès[1]. N’irez-vous point à Salon[2], quand M. de Grignan ira à Orange ? J’ai reçu des réponses de tous vos Messieurs ; faites-les quelquefois souvenir de moi, et vos dames, que j’honore et estime très-fort. Mme de Beaumont arrive-t-elle toujours comme l’oublieux[3] ?

Ma chère enfant, quoi que vous me disiez, je suis en peine de votre santé ; vous dormez mal, j’en suis assurée, et toutes vos pensées vous font mourir. Revenez un peu respirer votre air natal, après trois ans. Si votre famille vous aime, elle doit considérer votre santé et votre conservation. Je ne dis rien à M. de Grignan : il ne peut pas me soupçonner de ne pas penser à lui.


344. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
À Paris, vendredi 10e novembre.

Je vous aime trop, ma chère enfant, pour être contente ici sans vous. Hélas ! j’ai apporté la Provence et toutes

  1. 6. Voyez plus haut, p. 235, la note 2 de la lettre 332.
  2. 7. Petite ville du diocèse d’Arles, à cinq lieues d’Aix. Monsieur l’archevêque d’Arles y demeuroit en ce temps-là. (Note de Perrin.)
  3. 8. Nous avons conservé l’orthographe de l’édition de 1734, qui est aussi celle du Dictionnaire de l’Académie de 1694 et de 1718. Dans l’édition de 1764 on lit l’oublieur comme dans le Dictionnaire de 1762. — Comme l’oublieux signifie « tard, entre huit et neuf heures, comme le marchand d’oublies. » Voyez les Mémoires de Mme de Motteville., tome II, p. 251 ; de Mademoiselle, tome I, p. 189 ; et de Retz, tome II, p. 227. Au temps de la Fronde, on avait appelé le marquis de Senneterre et le maréchal d’Estrées les Oublieux, « à cause,