Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/285

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

1673 bonne, si vous m’aimez, ne vous faites point malade : cette crainte m’ôte entièrement le repos de la vie.

M. le marquis de Souliers m’est venu voir aujourd’hui avec le petit la Garde, que j’ai trouvé fort joli : dites-le à la présidente. Ils s’en vont tous deux dans très-peu de jours. Il me paroît que M. de Souliers se va ranger sous le manteau de sainte Ursule[1], et apparemment augmenter le nombre de vos ennemis. Bonsoir, ma très-bonne, jusqu’à demain au soir au retour de Versailles.


348. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
À Paris, lundi 20e novembre, à dix heures du soir.

Ma très-chère bonne, me voilà revenue de Versailles, où j’étois allée en écharpe noire. Je n’ai vu que M. de Pompone ; nous avons très-bien dîné avec lui ; sa femme et sa belle-sœur étoient à Pompone. Après dîner, nous avons causé tous trois une très-grande heure, voyant et raisonnant sur ce qu’il falloit faire pour laisser à l’assemblée la liberté de délibérer malgré l’opposition. Vous auriez aimé M. de Pompone, si vous aviez vu de quelle sorte il entre dans ce raisonnement, et dans le choix de ce qui vous est le meilleur[2] : jamais je n’ai vu un si aimable ami, car c’étoit aujourd’hui son personnage. Après avoir donc bien tourné et retourné mille fois, d’Hacqueville

  1. 8. C’est-à-dire se mettre au nombre des partisans et compagnons de l’évêque de Marseille. C’est une nouvelle allusion à la manière de représenter sainte Ursule, réunissant ses compagnes sous son manteau : voyez la note 4 de la lettre 321.
  2. Lettre 348 (le commencement a été omis par Perrin). — 1. « Dans le choix qui vous est le meilleur. » (Édition de la Haye, 1726.)