Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 3.djvu/334

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1673 relations : elles sont admirables, ma fille ; jamais il n’y eut une si délicieuse conclusion. Ah ! quel succès, quel succès ! l’eussions-nous cru à Grignan ? Hélas ! nous faisions nos délices d’une suspension : le moyen de croire qu’on renverse en un mois des mesures prises depuis un an ? et quelles mesures, puisqu’on offroit de l’argent ! J’aime bien le consul de Colmars[1], à qui vous rendîtes un si grand service l’année passée, et qui vous a manqué ensuite ; vous voulez bien que cette petite ingratitude soit mise dans le livre que nous avions envie de composer à l’honneur de cette vertu[2]. Nous trouvons l’Évêque toujours habile, et toujours prenant les bons partis ; il voit que vous êtes les plus forts, et que vous nommez M. de Buous : il nomme M. de Buous. Nous voulons tous que présentement vous changiez de style, et que vous soyez aussi modestes dans la victoire que fiers dans le combat. La Garde me fait agir pour votre congé ; je vous déclare que ce n’est pas moi ; je vous renvoie à sa lettre, vous verrez son raisonnement ; vous le connoissez, et que comme un autre M. de Montausier,


Pour le Saint-Père, il ne diroit
Une chose qu’il ne croiroit[3].

Vous êtes en bonheur, il faut songer à ce pays aussi bien qu’à la Provence. Jamais vous ne trouverez une année comme celle-ci : elle est bien différente encore pour la considération qu’on a pour moi. Je serois bien

  1. 3. Petite ville du département des Basses-Alpes, à quelques lieues de Digne. Elle députait aux assemblées générales de la province, et était le chef-lieu d’une viguerie et d’un bailliage du même nom.
  2. 4. Voyez tome II, p. 159 et 540.
  3. 5. Dans Voiture, à qui cet éloge de Montausier est emprunté (édit. de 1672, tome II, p. 135), le premier vers est :

    Et pour le pape il ne diroit.