Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 4.djvu/83

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parlé. Tout ce qui vaque est demandé par des frères blessés, et par des familles si désolées, qu’on est honteuse d’aller barrer leur chemin inutilement. C’est à la Providence à démêler la fortune de ce pauvre guidon ; je le console tant que je puis. Je vous manderai l’adresse qu’il faudra mettre à vos lettres, si je pars. Hélas ! laissez-moi ce soin, c’est ma pauvre vie.

Vous m’enverrez quand vous pourrez cette courtepointe de Damas ; nous en ferons les rideaux de votre lit. Si vous trouviez dans Avignon ou dans Lyon de quoi faire des rideaux, un fond, un dossier, des soubassements, des pentes et des bonnes grâces[1] , nous vous fournirions trois pentes admirables, dont assurément vous n’entreprendrez pas l’assortiment en ce pays ; c’est le pourpoint tailladé. Vous aurez deux autres lits à fort juste prix, ils sont tout réglés. Vous ne voulez rien de plus présentement ; on vous cherche un tapis chez ces tapissiers du Roi, c’est justement de ceux-là qu’il nous faudroit.

Les amies de la voyageuse[2], voyant que le dessous des cartes se voit[3], affectent fort d’en rire et de tourner cela en ridicule ; ou bien conviennent qu’il y a eu quelque

  1. Voyez tome III, p. 149, note 8. — Le soubassement est la garniture d’étoffe qu’on met au bas d’un lit, quand les rideaux ne vont pas jusqu’à terre ; les pentes, la garniture qu’on met en haut, les bandes qui pendent du ciel du lit sur les rideaux. — Il est parlé quelques lignes plus loin du tapissier du Roi. Est-ce le même qui figure dans une chanson de Coulanges, Sur un vieux lit de famille (édit. de 1698, tome I, p. 207), sous le nom du tapissier Bon, et dont il est dit qu’il
    A si bien fait par ses journées
    Qu’un lit tient toute une maison ?
  2. Mme de Maintenon. (Note des éditions de 1726.) — Voyez la lettre du 7 août précédent, p. 23 et 24.
  3. « Que le dessous des cartes se répand. » (Édition de la Haye, 1726.) — Dans les deux éditions de Perrin : « que le dessous des cartes se découvre. »