Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/153

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Isabelle se dérobait avec soin aux devoirs que lui prescrivait l’hymen, et, pour en dédommager le roi, elle avait introduit, dans le lit du monarque, la fille d’un marchand de chevaux.

De ce moment, elle ne garda plus aucune mesure avec le duc d’Orléans ; ainsi cette femme coupable, profanant d’une part le lit nuptial et le déshonorant d’une autre, semblait vouloir doubler le crime de l’adultère en se livrant elle-même sans honte à ce qu’elle faisait impudemment commettre à son époux. À quel point de perversité doit être parvenue une femme qui se fait un jeu de semblables horreurs !

On avait appelé la petite reine la créature à laquelle notre héroïne faisait jouer le rôle infâme dont nous venons de parler. Bois-Bourdon assure qu’Isabelle lui avait dit plusieurs fois qu’elle recommandait fortement à sa suppléante d’épuiser son mari, afin de s’en débarrasser plus tôt, lui ayant enseigné, dit le texte, toutes manières de besoigner ; pour ce qu’il y print un tel gaudissement qu’il s’en saoulât et vint plus vite à fins[1].

  1. Nous ne craignons point que ces paroles grossières puissent alarmer des oreilles chastes ; nous devions les rapporter par exactitude ; elles étaient consignées dans le rapport de la sixième séance de la question où ce gentilhomme fut appliqué (fo 6 de la 6e liasse de cette procédure).