Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/227

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tout ce que son avocat venait de dire, en assurant l’assemblée qu’il y avait encore des choses plus importantes qu’il se réservait de dire au roi seul.

C’est ici qu’Isabelle fait connaître la quintessence de sa politique, puisqu’elle part à l’instant pour Melun avec ses enfants, et que l’effet qui devait résulter de cette fuite devait nécessairement expliquer la terreur que faisait naître en elle le duc de Bourgogne.

Il est inouï à quel point les historiens ont été dupes de cette démarche ; combien elle leur en impose, et leur fait bonnement dire à tous, que la crainte qu’inspirait le Bourguignon à la reine était bien la preuve la plus certaine de l’amertume des regrets que lui causait la mort de Louis. « Ce duc de Bourgogne me fait une telle horreur, disait-elle à tout le monde, que son nom seul me cause des frémissements, dont je ne suis pas la maîtresse. »

Adroite créature, comme tu savais profiter du faible d’une nation, dont le premier tort était de t’avoir laissée sur son trône, ou plutôt d’avoir permis que tu y montasses ! mais tu fuis… tu devais le faire ; il était essentiel que le duc, seul avec le roi, pût lui faire ratifier, sans que la reine y fût pour rien, tout ce qu’avait dit le cordelier, et ce fut précisément ce qu’il fit. Toujours encouragé par la reine qui lui écrivait par Bois-Bourdon :