Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/390

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Cet acte fut suivi d’une trêve ; mais en sa qualité d’Armagnac, le dauphin en fut exclu par la reine et par le duc de Bourgogne, et il fut même décidé que les trois contractants se prêteraient un mutuel secours pour lui faire la guerre.

Enfin, on arrêta par le même traité que l’un des frères d’Henri V épouserait la sœur du duc de Bourgogne. Tout, on le voit, se préparait donc ainsi à l’asservissement total de notre malheureuse patrie ; et quelles mains ébranlaient l’édifice ? celles à qui les devoirs les plus sacrés imposaient la loi de le soutenir.

Eh voilà donc où conduisaient les passions ! Religion, humanité, bienfaisance, honneur, gloire, réputation, sentiment de la nature, tout s’immole aux pieds de leurs autels… Honteuse dégradation et pourtant plus à l’avantage de la vertu qu’on ne pense, puisque les malheurs deviennent toujours le partage de ceux qui la trahissent ou qui l’abandonnent!

Le duc de Bourgogne fut à Troyes où se trouvait alors la cour ; il y fut reçu par le roi avec toutes les marques de distinction que la reine elle-même avait eu bien soin de prescrire.

Pendant ce temps, Henri V poursuivait sa marche triomphale, environné d’une simple garde de seize cents hommes. Ce n’est plus un héros, qui