Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/130

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Que l’on y réfléchisse bien, on verra que tous les troubles n’ont jamais eu d’autres causes. Une puissance sourdement accrue a toujours fini par essayer de culbuter l’autre, et elle y a réussi. Que d’obstacles levés, que d’inconvéniens prévenus, en abolissant les mariages ; plus de chaînes abhorrées, plus de repentirs amers, plus aucuns des crimes, fruits de ces abus monstrueux, puisque c’est la loi seule qui fait le crime, et que le crime tombe dès que la loi n’existe plus. Aucune cabale dans l’état, plus d’inégalité choquante de fortune ; mais les enfans… la population ?… C’est cela que nous allons traiter.

Nous commencerons par établir un fait auquel nous croyons difficile de répondre. C’est que pendant l’acte de la jouissance, assurément, l’on s’occupe fort peu de la créature qui peut en résulter : celui qui serait assez bête pour y penser aurait assurément la moitié moins de plaisir que celui qui ne s’en occupe pas. C’est un ridicule outré, sans doute, ou de ne voir une femme que dans cette idée, ou que de concevoir même cette idée en la voyant. C’est à tort que l’on suppose que la propagation est une des loix