Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/208

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je veux te faire revenir de cet absurde préjugé. Je dîne demain à la campagne, chez mon amant ; j’obtiendrai de madame Duvergier la permission de te mettre de la partie, tu entendras Dorval raisonner sur cette matière. Oh, scélérate, répondis-je ! tu achèveras de me corrompre, je ne me sens déjà que trop de dispositions à toutes ces horreurs ; j’accepte, va, tu n’auras pas grand peine à faire une excellente écolière de moi… mais la Duvergier permettra-t-elle ?… Ne t’inquiète de rien, dit Fatime, je me charge de tout.

Le lendemain de bonne heure, un fiacre nous conduisit à la Villette. Nous entrons dans une maison reculée, mais d’assez bonne apparence ; un valet nous reçoit, et nous ayant introduit dans un appartement fort bien meublé, il se retire et va renvoyer notre voiture ; ce fut alors que Fatime s’ouvrit à moi… Sais-tu chez qui tu es, me dit-elle en souriant… Non en vérité, répondis-je… Chez un homme fort extraordinaire, reprit ma compagne, je te trompais en le faisant passer pour mon amant ; c’est un homme chez lequel j’ai souvent fait des parties à l’insu de madame Duvergier ; ce que je