Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/294

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tient au physique, est absolument indépendant du moral. Elle fout avec son mari d’un côté, elle vient s’en faire donner ici de l’autre, tout cela s’arrange.

Cette dernière enfin est une célibataire à grandes prétentions, une des plus célèbres prudes de Paris  ; elle battrait, je crois, dans le monde, un homme qui lui parlerait d’amour  ; et je suis payée très-chèrement, par elle, pour la faire foutre une cinquantaine de fois, par mois, à ma petite maison.

Eh bien, Juliette  ! balanceras-tu après tous ces exemples  ? Non, sans doute, madame, répondis-je  ; je foutrai chez vous par intérêt et par libertinage, je me livrerai à toutes les parties libidineuses qu’il vous plaira de m’envoyer  ; mais lorsque mes prostitutions seront pour votre compte, je vous préviens que ce ne sera jamais à moins de cinquante louis. Tu les auras, tu les auras, me répondit la Duvergier au comble de la joie  ; je ne voulais que ton acquiescement  ; l’argent ne m’inquiète point  ; sois douce, obéissante, ne refuses jamais rien, je te trouverai des monts d’or. Et comme il était tard, et que je craignais que Noirceuil ne fut inquiet de la longueur de cette première sortie, je