Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/303

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vous, aimable Juliette, agenouillée devant lui, vous continuerez à réchauffer, dans votre bouche de rose, l’outil glacé de mon pauvre maître. Je sais qu’aucune autre que vous ne réussirait à le rendre à la vie. Pour vous, mesdemoiselles, il faut que vous veniez, l’une après l’autre, exécuter trois choses assez singulières sur son individu  ; le souffleter d’abord d’importance, lui cracher au visage, et lui peter au nez  : à peine y aurez-vous toutes passé que vous verrez des effets bien surprenans de ce remède. La vieille dit  : tout s’exécute  ; et j’avoue que je reste confondue de la supériorité du restaurant  ; le balon se gonfle dans ma bouche au point que je puis à peine le contenir  ; il est vrai qu’on ne saurait se faire une idée de la rapidité avec laquelle tous les épisodes ordonnés s’exécutaient sur ce pauvre paillard  ; et rien n’était plaisant comme les différens bruits qu’occasionnait à la fois, dans l’air, la multiplicité de ces pets, de ces soufflets et de ces expectorations. Enfin, le paresseux instrument se dérouille au point que je crois qu’il va crever sur mes lèvres, lorsque se relevant avec vîtesse, Mondor fait signe à sa gouvernante de tout préparer pour le dé-