Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/338

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la nature en faveur de qui je puisse y renoncer. Poursuivons, je dois appuyer ma dissertation du néant des crimes par quelques exemples, c’est la meilleure façon de convaincre ; jetons un coup d’œil rapide sur l’Univers, et voyons combien tout ce que nous appelons crime s’érige en vertu d’un bout de l’Univers à l’autre.

Nous n’osons épouser les deux sœurs ; les sauvages de la Baye d’Hudson ne connaissent point d’autres liens. Jacob épousa Rachel et Lia.

Nous n’osons foutre nos propres enfans, bien que ce soit la plus délicieuse des jouissances ; point d’autres intrigues en Perse et dans les trois quarts de l’Asie. Loth coucha avec ses filles, et les engrossa toutes deux.

Nous regardons comme un très-grand mal la prostitution de nos propres épouses : en Tartarie, en Laponie, en Amérique, c’est une politesse, c’est un honneur que de prostituer sa femme à un étranger ; es Illiriens les mènent dans des assemblées de débauche, et les contraignent à se livrer au premier venu devant eux.

Nous croyons outrager la pudeur en nous offrant tous nuds aux regards des uns et des autres : presque tous les peuples du Midi