Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/369

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Sortez, me dit-il, dès que Lubin eut fait ; il faut que je fasse passer votre quatrième compagne avant que je ne vous rappelle. On ouvre, et je vois celles qui m’avaient précédées, dans une pièce voisine… Mais juste ciel, dans quel état !… il était pis que le mien ; leurs corps si jolis, si blancs, si délicieux, faisaient maintenant horreur à regarder ; les malheureuses pleuraient, se repentaient d’avoir accepté une telle partie ; et moi, plus fière, plus ferme et plus vindicative, je ne pensai qu’au dédomagement. Une porte entrebâillée, me laisse voir la chambre à coucher du duc ; j’y pénêtre hardiment. Trois objets se présentent aussitôt à ma vue, une très-grosse bourse d’or, un superbe diamant, et une fort belle montre. J’ouvre précipitament la fenêtre, je m’apperçois qu’elle donne au-dessus d’un petit cabinet d’aisance, formant un angle avec la muraille, et que le tout est situé près de la porte par laquelle nous sommes entrées. J’enlève lestement un de mes bas de dessous, j’entortille ces trois objets dedans, et laisse tomber le tout sur un arbuste placé dans l’angle dont je viens de parler ; les feuilles cachent le dépôt, et je reviens à mes compagnes. À peine les