Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/68

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entre l’existence réelle des corps qui sont hors de nous, et l’existence objective des perceptions qui sont dans notre esprit. Nos perceptions elles-mêmes, sont distinguées de nous, et entr’elles autant qu’elles apperçoivent les objets présens, et leurs rapports, et les rapports de ces rapports. Ce sont des pensées, en tant qu’elle nous rapportent les images des choses absentes ; ce sont des idées, en tant qu’elles nous rapportent les images des objets qui sont en nous ; cependant toutes ces choses ne sont que des modalités, ou manière d’exister de notre être, qui ne sont pas plus distinguées entre elles, ni de nous-mêmes que l’étendue, la solidité, la figure, la couleur, le mouvement d’un corps, le sont de ce corps ; on a ensuite forcément imaginé des termes qui convinssent généralement à toutes les idées particulières qui étaient semblables ; on a nommé cause, tout être qui produit quelque changement dans un autre être distingué de lui ; et effet, tout changement produit dans un être par une cause quelconque. Comme ces termes excitent en nous, au moins une image confuse d’être, d’action, de réaction, de changement, l’habitude de s’en servir a fait croire que l’on