Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/78

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


rateurs d’un tel être, de quel hommage il peut être digne ? Ceux qui ne font produire à la première cause que le mouvement local des corps, et qui donnent à nos esprits la force de se déterminer, bornent étrangement cette cause, et lui ôtent son universalité pour la réduire à ce qu’il y a de plus bas dans la nature, c’est-à-dire, à l’emploi de remuer la matière, mais comme tout est lié dans la nature, que les sentimens spirituels produisent des mouvemens dans les corps vivans, que les mouvemens des corps excitent des sentimens dans les ames, on ne peut avoir recours à cette supposition pour établir ou pour défendre le culte religieux ; nous ne voulons, qu’en conséquence de la perception des objets qui se présentent à nous, les perceptions ne nous viennent qu’à l’occasion du mouvement excité dans nos organes, donc la cause du mouvement est celle de notre volonté. Si cette cause ignore l’effet que produira le mouvement en, nous, quelle idée indigne d’un dieu ; s’il le sait, il en est complice, et il y consent ; si, le sachant, il n’y consent pas, il est donc forcé de faire ce qu’il ne veut pas ; il y a donc quelque chose